07.11.2006

L'agriculture au coeur des débats (suite)

La mairie de Montpellier a présenté une délibération demandant le versement d'une subvention de 30 000€ à l'Association des Maires de l'Hérault, pour soit-disant, aider les viticulteurs dans une situation financière difficile du département. Pourtant, le choix d'une association n'est pas, à notre sens, appropriée pour leur venir en aide. En effet, comment une association parviendra-t-elle à ventiler les fonds récoltés?

Alors que la délibération mentionnait que les difficultés provenaient de la procédure d'arrachage massif, voici, la réponse qui a été apportée :

"Pour votre information, les procédures d’arrachage ont tout d’abord été incitées par la communauté européenne. Ce qui a permis de restructurer le vignoble, à développer la qualité de nos vins et pour certains viticulteurs cette prime a permis un départ à la retraite anticipée, surtout dans les années 1997-2000. Aujourd’hui, la prime d'arrachage est proportionnelle au rendement de la parcelle. En Languedoc-Roussillon, chaque exploitant devrait recevoir en moyenne 6.000 euros par hectare arraché. Les dossiers déposés auprès de la délégation régionale de Viniflhor, concernent une surface de 3.700 ha dans l'Hérault.

Même sur la 3ème vague d’arrachage sollicitée par les représentants agricoles, Denis VERDIER, président de la Confédération des coopératives vinicoles de France a indiqué en janvier dernier : « Ce n'est pas dramatique mais si rien n'est fait et si les cours ne remontent pas, je crains une véritable vague d'arrachage lors de la prochaine campagne. Ce que nous attendons, c'est un encouragement à l'exportation et aux investissements commerciaux, pour aider les vignerons à sortir de la crise".

Or, je ne comprends pas comment vous pouvez aider les viticulteurs dans ces domaines, en versant une subvention à l’association des maires de l’Hérault. En revanche, elle peut aider Kléber MESQUIDA à fanfaronner auprès d’un électorat plus qu’important sur la 5ème circonscription de notre département. Le même Kléber MESQUIDA s’est emparé de la proposition faite par le collectif des viticulteurs, mais au lieu de peser de tout son poids de député, en faveur de nouvelles mesures qui pourraient être mises en place, il préfère vous inciter à verser cette aide à une association dont on ne sait pas où partira cet argent public.

En effet, vous n’êtes pas sans savoir que le versement à une association telle que l’association des Maires de l’Hérault ne permettra pas juridiquement de ventilé, sans parti pris, les sommes récoltées. Il eut été plus sain, à mon sens, et il aurait été plus cohérent, puisque vous souhaitez que la somme soit prélevée sur le budget du CCAS, que la somme soit versée à l’institution départementale qui a mis en place un programme d’aide aux viticulteurs en difficulté en leur attribuant une aide de 1 000€ et un diagnostic à l’exploitation.

Enfin, la demande initiale était de 0,50€ par habitant, nous sommes très loin du compte !

Notre viticulture au coeur des débats

Le groupe UDF a présenté hier au Conseil Municipal une question d'actualité sur la charte de reconnaissance de l'agriculture méditerannéenne

Montpellier est une capitale régionale, tout comme l’est Bordeaux. Toutes deux des capitales de région viticole.

Or, force est de constater que notre ville n’a jamais porté en elle ou par ses actions la volonté de porter haut le flambeau de ce qui constitue à n’en pas douter la principale source de production de notre région.

Entre 2000 et 2005, le nombre d’exploitations de la région est passé de 21 595 à 19 106, soit une perte brute de l’ordre de 2 500 exploitations et une baisse relative est de 11,6 %.

Les surfaces en vignes se sont contractées dans tous les départements, perdant près de 8 000 hectares. Les surfaces en production pour la cuve reculent de 4.9 % pour atteindre 270 000 hectares. Avec 15,9 millions d’hl, les volumes de vins régionaux enregistrés en 2005 par la direction générale des douanes et des droits indirects sont inférieurs de 11 % à ceux de 2004, et de 9 % à la moyenne 2000-2004.

Pourtant nos agriculteurs et plus particulièrement nos viticulteurs conscients des mutations incitées par un marché de plus en plus concurrentiel ont fait des propositions par l’intermédiaire d’une charte pour la reconnaissance de la spécificité méditerranéenne. Par cette dernière, ils entendent mettre en avant cette spécificité que confère la vigne à l’économie régionale, au même titre que la pêche ou l’ostréiculture.

Pour ce faire un collectif d’agriculteurs, toutes tendances politiques ou syndicales confondues, vous a adressé, comme à tous les élus de ce département, un exemplaire de cette charte, dans laquelle il réaffirme que « ces activités sont le fondement de notre économie, de notre culture, de notre histoire. Elles permettent l’entretien et la protection de notre paysage tant sur le plan écologique qu’environnement. » Ils entendent par cette action tout mettre en œuvre pour que cette spécificité méditerranéenne soit reconnues par les instances politiques sur un plan national et européen.

Madame le Maire de Montpellier comptez vous donner l’exemple, tout comme le groupe UDF du Conseil Municipal de Montpellier et tous les élus UDF de la région, en signant cette charte ? Comptez-vous inciter, comme le demande ce collectif de viticulteurs, le président de Région à organiser des Assises de l’Agriculture méditerranéenne ?

Le président de Région et conseiller municipal s'est dit favorable à la signature de cette Charte, mais est resté silencieux quant à l'organisation de ces assises...affaire à suivre!