28.11.2006
Pitoyable conseil municipal...
Le conseil municipal de Montpellier de lundi dernier a offert, une fois de plus, un triste spectacle.
D'un côté, celui qui a été absent des conseils depuis deux ans et qui a focalisé la presse régionale, nationale et internationale, à cause de graves propos. De l'autre une opposition UMP, qui, comme à son habitude n'a fait qu'effet de manche, vociférations et invectives.
Notre région est à l'image de notre Etat, à bout de souffle, à la fin d'un système qui ne voyait sa durée que dans l'affrontement de deux hommes, J Blanc et G Freche. Si le premier est moins en 1ère ligne, ses dignes descendants continuent à maintenir le système. Le second vieillissant ne trouve désormais sa raison d'être non pas dans les projets régionaux comme nous sommes en droit de l'attendre, mais par ses esclandres de plus en plus fréquents.
Mais pendant ce temps là, alors que certains continuent encore à croire que l'action politique a un sens, travaillent sans être pour autant relayé par les médias locaux...bien entendu, il y a des sujets municipaux qui ne sont guère "vendeurs"... et pourtant ces mêmes médias titraient leur une, il y a un mois, "crise des banlieues, qu'en est-il un an après?"
Alors toute la question des Zones Urbaines Sensibles revient tel un boomerang. C'est aussi pour trouver des solutions adaptées à des problèmes de plus en plus lourds, de plus en plus récurrents, que j'ai proposé une piste de travail lors de ce pitoyable conseil...
"Le rapport qui nous est soumis est une analyse statique de chiffres soulevant un certain nombre d’interrogations. en effet, il ne fait absolument pas mention de notre positionnement sur un plan national.
En effet, les écarts se sont creusés de 2003 à 2005 entre les quartiers classés en zones urbaines sensibles (ZUS) et les autres quartiers des agglomérations auxquels ils appartiennent, relève l'Observatoire national des zones urbaines sensibles dans son rapport 2006 et qui a été transmis aux parlementaires le 10 novembre.
Qu'il s'agisse des domaines de l'emploi, de la réussite scolaire, des revenus, de la santé ou de l'insécurité ressentie par les habitants, "le processus de décrochage entamé depuis des années dans les zones urbaines sensibles n'est pas enrayé", souligne l'ONZUS.
Parmi les habitants des ZUS ayant un emploi et diplômés du supérieur, la moitié seulement accède à des postes de cadre ou de catégorie intellectuelle supérieure, contre les deux tiers pour les habitants d'autres quartiers.
En moyenne, en 2005, le taux de chômage dans les ZUS était plus de deux fois supérieur à celui des autres quartiers : il atteignait 22%, soit une progression de deux points par rapport à 2003, alors que le niveau de chômage était resté sensiblement stable dans les autres quartiers (10,5%), alors qu’il est de 12,9% à Montpellier.
En matière de réussite scolaire, les écarts se sont aussi creusés pour la plupart des indicateurs. Ainsi le taux de réussite au brevet en 2004-2005 est nettement plus faible dans les collèges de ZUS, avec 13 points d'écart par rapport aux autres collèges.
Il n'y a que deux domaines dans lesquels l'ONZUS relève une "dynamique positive": l'économie dans les zones franches urbaines (ZFU) et les opérations engagées dans le programme de rénovation urbaine. Ainsi, les 41 ZFU créées en 2004 ont vu une croissance rapide du nombre d'établissements s'installant sur leur territoire (+9% contre 1,7% dans les Unités urbaines). En ce qui concerne le programme de rénovation urbaine lancé en août 2003, le rapport, même s'il souligne que "le nouveau visage de nos banlieues ne se dessinera visiblement qu'autour de 2010", indique que seule la moitié des destructions de logements sociaux a été jusqu'à présent compensée par la construction de nouveaux.
A ce sujet, que n’a-t-on entendu, il y a un an et demi de cela sur la politique de la ville, sur les aides de l’ANRU alors qu’elle est, sur la seule commune de Montpellier entre 2005-2006, pourvoyeuse de près de 175 millions d’euros. C’est dire l’intérêt qui est porté sur un plan national à ce volet. Alors, il serait trop facile de reporter le poids uniquement sur le désengagement de l’Etat, même si sur certains domaines, cela s’avère exact.
Maintenant, ce qui apparaît dans le rapport qui nous est soumis aujourd’hui, est le poids important qui est accordé au financement dans le poste de fonctionnement, essentiellement dévolue aux associations de terrain, qui effectuent un travail important, qui doit être salué ici, mais qui peut certainement aller plus loin encore.
Afin de les aider dans leur mission et dans un souci d’une efficacité accrue, le groupe UDF souhaiterait que soit mis en place des contrats d’objectifs entre les associations et la mairie. Ainsi, en définissant des objectifs à atteindre, par exemple alphabétisation de 15 personnes, recherche d’emploi et insertion dans le monde professionnel de 5 personnes, non seulement l’association aura mené à bien son action mais verra son action reconduite. Mieux encore, elle pourra candidater à des prix comme celui de « talent des quartiers » décerné chaque année par le Ministère de la Cohésion Sociale, et qui distingue une personne, une association pour son action dans les quartiers sensibles.
Cette véritable évaluation des moyens permet de mutualiser les besoins et de faire travailler ensemble les associations tout en étant vigilant sur les moyens financiers mis à leur disposition, parce que c’est d’argent public dont il s’agit et que chaque Montpelliéraines et Montpelliérains a le droit de savoir où sont affectés ses impôts.
Madame le Maire nous vous demandons de mettre en place ces contrats."
21:55 Publié dans Actualité de Montpellier | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : UDF, Montpellier, ZUS



